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	<title>François-Henri Briard &#187; europe; avenir; idées;</title>
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		<title>AVOIR CONFIANCE DANS L&#8217;AVENIR: SOUVENONS-NOUS DE THERESE DELPECH (1948-2012)</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Mar 2016 13:51:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[europe; avenir; idées;]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.francois-henri-briard.com/wp-content/uploads/2016/03/THERESE-DELPECH.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1235" src="http://www.francois-henri-briard.com/wp-content/uploads/2016/03/THERESE-DELPECH-300x200.jpg" alt="THERESE DELPECH" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Voici un peu plus de quatre ans disparaissait Thérèse DELPECH, intellectuelle française hors du commun, esprit exceptionnel, auteur de &laquo;&nbsp;<em>L&rsquo;ensauvagement</em>&laquo;&nbsp;, ouvrage prophétique qui annonçait déjà les troubles que connaît notre monde de 2016. Elle soulignait notamment dans ce livre l&rsquo;urgence pour l&rsquo;Europe de reprendre le leadership des idées et de la civilisation. Ne pas avoir peur de l&rsquo;avenir et lutter contre le mal, tels étaient ses appels pressants, qui résonnent aujourd&rsquo;hui avec une force particulière:</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&nbsp;&raquo; Ce que notre époque a de plus singulier est la conviction que le mal est installé au cœur de l&rsquo;Histoire </em><strong><em>et le refus frénétique de ce constat</em></strong><em>. L&rsquo;homme du XXIème siècle présente ainsi une étrange ressemblance avec l&rsquo;homme primitif  qui cherche à repousser le mal au-delà du monde connu et à le transformer en tabou. Pour lui comme pour nous le mal porte malheur. Il faut s&rsquo;en détourner. Mais notre monde n&rsquo;a plus de frontières<span style="font-family: TimesNewRoman;"> au-delà desquelles il serait possible de rejeter ce qu&rsquo;on ne </span>veut pas voir, et l&rsquo;expérience du mal a une telle force dans les consciences contemporaines,</em><strong><em> le désordre des esprits et des choses est si manifeste, que l&rsquo;urgence est plutôt de redonner vigueur à ce qui peut tempérer l&rsquo;angoisse partout présente</em></strong><em>. La peur du lendemain et l&rsquo;incapacité de supporter l&rsquo;adversité ne menacent pas seulement la paix des esprits, elles renforcent aussi l&rsquo;instabilité des<span style="font-family: Times New Roman;"> <span style="font-family: TimesNewRoman;">choses. Les interrogations les plus douloureuses sur l&rsquo;avenir sont ainsi celles que produisent les </span></span>époques troublées, qui ont connu des cataclysmes naturels ou politiques, et qui sont dans l&rsquo;attente de métamorphoses ou d&rsquo;apocalypses. C&rsquo;est très exactement ce que l&rsquo;on peut lire dans les regards de nos contemporains : l&rsquo;attente de quelque chose qui n&rsquo;est pas encore nommé, et qui a des liens <span style="font-family: TimesNewRoman;">secrets avec la mémoire refoulée et l&rsquo;anticipation de l&rsquo;avenir. L&rsquo;histoire du siècle passé, cet </span><span style="font-family: TimesNewRoman,Italic;">hortus</span> <span style="font-family: TimesNewRoman,Italic;">inclusus</span> <span style="font-family: TimesNewRoman;">dont nous sommes les prisonniers involontaires, contient tant de malheurs à méditer que </span>l&rsquo;on sent parfois le poids des morts, fauchés par les guerres et les révolutions, comme des fantômes errant dans nos villes en demandant justice. Quant à l&rsquo;avenir, il paraît si profondément déstructuré que les desseins sont tous vulnérables, comme la paix est précaire. </em><strong><em>La promesse d&rsquo;avenir est ce qui fait le plus défaut au monde contemporain</em></strong><em>, dont la conscience<span style="font-family: Times New Roman;"> <span style="font-family: TimesNewRoman;">a un caractère crépusculaire. L&rsquo;Occident devrait comprendre mieux que toute autre partie de la </span></span>planète ce qui est en cause dans ce crépuscule, car il connaît les signes du déclin et possède des catastrophes une expérience séculaire. </em><strong><em>Ayant longtemps contribué à donner au monde sa forme intellectuelle, il ne peut ignorer que le chaos des idées est plus alarmant encore quand on le voit à l&rsquo;œuvre dans les sociétés occidentales</em></strong><em>. Celles-ci ne constituent plus un modèle pour le reste du<span style="font-family: Times New Roman;"> <span style="font-family: TimesNewRoman;">monde, et ont même perdu leur rôle plus modeste d&rsquo;inspiratrices. Etant elles-mêmes pleines de </span></span>confusion, comment pourraient-elles le remplir ? Prôner la modération, l&rsquo;argumentation et un retour de l&rsquo;activité rationnelle est une tentation légitime, qui n&rsquo;est pas sans mérite. On peut craindre cependant que cet appel ne soit voué à l&rsquo;échec pour au moins deux motifs. Le premier vient de la façon dont la raison a été disqualifiée parce qu&rsquo;elle a permis de tout justifier, y compris<span style="font-family: Times New Roman;"> <span style="font-family: TimesNewRoman;">&lsquo;injustifiable, et dont le mensonge a prospéré sous tous les cieux. Les idéologies ont été le produit </span><span style="font-family: TimesNewRoman;">d&rsquo;hypertrophies de l&rsquo;activité rationnelle, dont on voit les premières aberrations au XVIII</span><span style="font-family: TimesNewRoman; font-size: xx-small;"><span style="font-family: TimesNewRoman; font-size: xx-small;">e </span></span><span style="font-family: TimesNewRoman;">siècle, et </span></span>c&rsquo;est elle qui a donné naissance aux monstres clairement annoncés un siècle plus tard par des <span style="font-family: TimesNewRoman;">esprits visionnaires comme Nietzsche</span><span style="font-family: TimesNewRoman;">. </span>Le second motif est d&rsquo;un tout autre ordre. </em><strong><em>Ce qui frappe le plus dans les expressions de la conscience contemporaine, ce n&rsquo;est pas tant l&rsquo;exigence rationnelle que le besoin de faire à nouveau <span style="font-family: TimesNewRoman;">une place à l&rsquo;irrationnel, composante essentielle du psychisme humain</span></em></strong><em>. Carl Jung <span style="font-family: TimesNewRoman; font-size: xx-small;"><span style="font-family: TimesNewRoman; font-size: xx-small;"> </span></span><span style="font-family: TimesNewRoman;">s&rsquo;était inquiété </span>d&rsquo;une évolution qui condamnait les individus au déséquilibre en frustrant ce qu&rsquo;il appelait « le côté mythique de l&rsquo;homme » et en interdisant l&rsquo;expression de ce que l&rsquo;esprit ne peut saisir rationnellement. </em><strong><em>Au moment où la religion fait un retour fracassant sous des formes violentes et<span style="font-family: Times New Roman;"> destructrices, ce serait un immense progrès de s&rsquo;interroger sur le vide spirituel qui mine nos </span>sociétés, et sur les déséquilibres psychiques qui accompagnent ce phénomène</em></strong><em>. Si l&rsquo;on ne parvient pas à trouver une harmonie nouvelle entre le rationnel et l&rsquo;irrationnel, les excès de l&rsquo;un comme de l&rsquo;autre – à présent, plus probablement ceux de l&rsquo;irrationnel – peuvent à nouveau produire des catastrophes collectives. </em><strong><em><span style="font-family: TimesNewRoman;">Quant à la raison, il lui faudrait retrouver le fil d&rsquo;une pensée perdue.</span></em></strong><em> Les questions qui ont agité l&rsquo;humanité pendant des siècles sur la liberté humaine, le sens de l&rsquo;histoire, la responsabilité politique, sont toutes devenues suspectes. Elles n&rsquo;ont pas pour autant disparu, mais depuis la fin du <span style="font-family: TimesNewRoman;">XIX</span><span style="font-family: TimesNewRoman; font-size: xx-small;"><span style="font-family: TimesNewRoman; font-size: xx-small;">e </span></span><span style="font-family: TimesNewRoman;">siècle, la politique semble n&rsquo;avoir d&rsquo;autre but qu&rsquo;elle-même – c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;exercice du p</span>ouvoir – ou le développement de l&rsquo;économie. <span style="font-family: TimesNewRoman;">Adam Smith</span><span style="font-family: TimesNewRoman; font-size: xx-small;">4 </span><span style="font-family: TimesNewRoman;">avait annoncé les périls qui guettent les nations où priment les intérêts </span>économiques : « Les intelligences se rétrécissent, l&rsquo;élévation d&rsquo;esprit devient impossible&#8230; et il s&rsquo;en faut de peu que l&rsquo;esprit d&rsquo;héroïsme ne s&rsquo;éteigne tout à fait. » Il conclut, comme nous pourrions le faire : « Il importerait hautement de réfléchir aux moyens de remédier à ces défauts. » En effet. Car il vient un moment où la faiblesse de l&rsquo;intelligence et de la volonté ne permet plus de saisir<span style="font-family: Times New Roman;"> <span style="font-family: TimesNewRoman;">non seulement les responsabilités que l&rsquo;on a dans les affaires du monde, mais encore ses propres </span></span>intérêts de sécurité. On ne s&rsquo;étonne pas assez de cette évolution. Car dans toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanité il n&rsquo;est pas d&rsquo;époque où les dangers de la politique et les limites de l&rsquo;économie aient été l&rsquo;objet de démonstrations aussi brutales. Il n&rsquo;en est guère non plus où l&rsquo;éthique ait été présente de façon plus évidente au cœur de l&rsquo;action publique. </em><strong><em>La question centrale posée par le totalitarisme<span style="font-family: Times New Roman;"> était celle de la liberté humaine, de la négation de l&rsquo;individu, de la capacité de résistance à la </span>terreur et du meurtre de masse. C&rsquo;est aussi celle que pose le terrorisme, qui nie la liberté avec toute la violence dont il est capable. Dans un monde sans direction, qui va à vau-l&rsquo;eau et travaille dans le vide, la liberté humaine n&rsquo;a peut-être pas grand sens. Mais si l&rsquo;on évoque le paroxysme de violence des nouveaux terroristes ou l&rsquo;excès de cupidité de réseaux clandestins vendant au plus <span style="font-family: Times New Roman;">offrant tous les composants de l&rsquo;arme nucléaire, chacun comprendra que l&rsquo;on s&rsquo;interroge sur le </span>monde qui est ainsi en préparation, mais aussi sur ce qui l&rsquo;a conduit sur ces dangereux rivages&nbsp;&raquo;</em></strong><em>.</em></p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;Ensauvagement Thérèse DELPECH, Grasset, 2005</p>
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